Au Népal, le pays des montagnes et du ciel

Publié le par 3643eur

C’est un billet d’avion bon marché qui nous pousse à décoller du Japon pour le Népal. De plus la saison est bonne – ok, c’était fin septembre, on traîne un peu - et Kian et Céline nous recommandent une excellente agence de trekking – Kumbu Shangri-la. Autant de raisons qui font vibrer notre fibre alpestre et titille notre envie de nature. Pour le coup, on en prend plein les mirettes avec des pics généralement tous deux fois plus gros, hauts, impressionnants qu’en Suisse.

 

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Le centre de Thamel au soir de notre arrivée


 

Aussi mystique que chaotique, le Népal se débrouille pour exister entre ses deux énormes voisins la Chine et l’Inde. Corruption et désorganisation vont main dans la main et ses habitants s’en accommodent comme ils peuvent. Si les villes, et Katmandou surtout, sont semblables à des ruches bruyantes et bancales, les montagnes, elles, restent éternelles, bien au dessus du monde des hommes.

 

Bien conseillé par Emilie, responsable com' et marketing de l’agence, nous optons pour une virée d’une vingtaine de jours. Objectif : faire le tour du massif de montagne dont le pic le plus élevé, le Manaslu, culmine à 8150 mètres. Autant on a bien rigolé au Japon en allant humer la brise sans problème à 3180m, autant là, avec un col à 5200 mètres, le Larke Pass, on se calme un peu. Pour ceux qui ne connaissent pas ou peu la montagne, dès 2500-3000 mètres peut apparaître ce qu’on appelle le mal des montagnes. Potentiellement mortel s’il s’aggrave et n’est pas traité, on ne peut pas prévoir sa propre réaction sans s’y être confronté. Et là encore, l’organisme peut réagir différemment d’une fois à l’autre. Bref, il n’y a pas vraiment de règles en dehors de redescendre tout de suite si cela dégénère, de boire beaucoup, et si possible de la soupe à l’ail – la potion magique qui fait sentir bon et chasse aussi les microbes, conseil de sherpa. Sherpa, justement, qui est le nom d’une ethnie népalaise, et pas le surnom pour dire guide, qui eux, se nomment sirdars.


 

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Nous devant les Royal Enfields des bikes Australiens


Bref, on s’est équipe en chaussures au Japon parce côté matériels, ils sont délirants et très pros. On était donc certains de trouver du bon matériel de ce côté. Quant au reste, on l’achète à Thamel, le quartier touristique de KTM – Katmandou. Mecque pour touristes, on y trouve de tout, contrefait en général et peu cher.

 

A notre arrivée, le voyage de l’aéroport à l’hôtel donne le ton avec un trafic congestionné, des ornières, sinon des abysses urbains - donc des trous de plus d'un mètres, à intervalles réguliers, de la poussière qui rentre de partout. Nous on est heureux car il fait bon et Emilie, qui est venue nous accueillir, nous honore d’une couronne d’œillets orangés. On dirait Hawaï ! C’est pas la classe ?!

 

Ce trek n’est pas bon marché, mais c’est du 5 étoiles, du début à la fin. Après avoir décidé qu’on partagerait nos vies au Japon – nous avons décidé de nous marier ! -, on souhaitait un peu fêter cela. Alors ce fut gaz et sans hésitation pour des brassées d’air pur dans les décors les plus fous que la terre puisse offrir.

 

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En soi, l’hôtel Nirvana n’est pas terrible mis à part son petit dèj dans un jardin et son emplacement privilégié au centre de Thamel. Mais les 20 motards australiens qui ont décidés de tailler les cols himalayens et y sont en même temps que nous valent, eux, leur pesant d’or. Pour ces bikers, le look absolu c’est la longue barbe type ZZ-Top et la tresse dans le dos – histoire de faire l’équilibre ? Tout ça porté avec des t-shirts noirs de festivals de hard, et un accent ozzie à trancher à la serpe. Personnellement, j’ai eu le coup de foudre…pour leurs motos – Tinou, sorry, le gêne du pilotage ne mourra jamais je pense. Ah ces Royal Enfield, copies indiennes et actuelles des modèles anglais d’avant-guerre. Quel bruit ! Quelle classe ces morceaux de métal qui résument à eux seuls un siècle d’histoire coloniale. J’observe  leurs éclats rutilants avec recueillement tandis que Yannick sirote son café du petit dèj.

 

Le temps d’acheter/louer ce qu’il nous faut, et nous sommes parés. Pas évident de savoir exactement quoi prendre, surtout que nous aurons des porteurs – c’est autant une coutume, que le gage de savoir que nous pourrons faire notre trek dans de bonnes conditions. Nous n’aurons donc qu’un petit sac-à-dos avec nous.

On ne veut pas les charger, mais il est aussi exclut de se disloquer de froid une fois là haut. On trouve un compris honnête, qui pourtant nous mettra quelques complexes quand on croisera un magnifique couple de californiens, Jeffrey et Michelle, qui, eux en pros du trek « ultra-light », déplacent leurs 12 et 10 kg eux-mêmes. Comme ce n’était pas le but de notre voyage, et que nos « paquets » ne sont pas beaucoup plus lourds, on accepte la situation avec philosophie.

 

 

Nepal-Ascension 6057Et on se déchausse pour traverser les ruisseaux, là-bas, au Népal

 

A 7h30 le 23 septembre, la jeep Toyota Landcruiser nous attend avec notre sirdar Sonam – qui signifie Bonne chance en népali– et Noti, l’un des porteurs et aussi redoutable cuisinier. On part, embarquant pour le voyage Tsiring, un autre guide qui doit rejoindre une expédition qui tentera, et réussira, l’ascension du Manaslu.

La mousson a inondé la terre et la route est une succession d’ornières, de mares et de zones boueuses. Le fond touche souvent et j’ai le sentiment parfois que l’on est bons pour restés « posés », c’est-à-dire plantés sans pouvoir plus ressortir. Je me trompe. Le chauffeur connaît son job, ça passe, et j’admire d’autant plus le talent des ingénieurs nippons. Quelle machine (encore) !

 

Sur le chemin, on passe par la ville de Gorkha. On lui doit une bière locale satisfaisante, mais surtout les fameux guerriers gurkhas qui ont créé le Népal actuel et restent des soldats d’élites de l’armée anglaise. Rien que leurs couteaux traditionnels –  certains gigantesques et qu’on vend par camions à Thamel – laissent sous-entendre leur potentiel guerrier.

En route le téléphone de Tsiring sonne et il y passe plusieurs minutes. Ce sont de mauvaises nouvelles. Une avalanche a balayé le camp 3 du Manaslu. 12 alpinistes seront trouvés morts, faisant de cet accident le plus meurtrier jamais connu à cet endroit. Dans l’habitacle, on ne parle plus. Même si nous ne monterons pas là haut, nous imaginons ce qui a pu se passer. De fait, cet accident nous rappel combien la montagne peut être aussi superbe que destructrice. Ce qui la rend d’autant plus fascinante.

Arrivés au village d’Arugat où nous passerons la nuit, nous nous acclimatons comme nous le pouvons à la chaleur étouffante et nous réjouissons comme des gamins de notre premier jour de marche du lendemain.

 

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Commenter cet article

céline 26/11/2012 10:38


mmmm...ça donne envie d'y retourner!!! et les petites baignades dans les ruisseaux de montagne? ;-)


 


des becs

Luigi 27/11/2012 17:23



Grandiose le Népal oui. On l'a faite la baignade. Attends que j'excave les photos.


On vous embrasse, les Néos Neuch' ;)