Japon : on riz toujours autant !

Publié le par 3643eur

DSC02287.jpg

Kyoto


Si, j’ose, car nous avions bien la patate en Russie et personne n’avait protesté contre le jeu de mot douteux. Donc, aux dernières nouvelles, Louis vous expliquait in extenso (volume I et volume II) le séjour indonésien. Nous voilà depuis peu au Vietnam. Mais il reste à narrer nos deux étapes précédentes : le Japon – dont vous avez eu un bref aperçu avec les daims fous de Nara – et le Népal. Nous avons pris un peu de retard dans nos chroniques itinérantes pour mieux nourrir d’intenses réflexions sur le sens de la vie. Ou du moins c’est ce que nous souhaiterions que vous croyiez.

 

DSC01912.jpg

Les bus de nuit japonais offrent un grand confort afin de favoriser la pratique de la méditation

 

Pour plus d’efficacité, vous aurez cette fois une unique chronique par pays. Au Népal, en-dessus de 3000 mètres, mes souvenirs restent flous. Je laisse donc la tâche à Louis, yak d’altitude. Veuillez plutôt trouver ci-dessous mon Ode au Japon. Comme les textes dédiés à la perfection confinent facilement à l’ennui, en voilà une tâche périlleuse !

 

DSC01929.JPG

Morioka, temple Hoonji aux 500 Buddahs

 

La preuve par cinq: délicatesse ultime, raffinement sublime, poésie infinie, subtilité inégalée, tradition d’excellence… serait-on dans un dossier de presse horloger ?? D’ailleurs, chez les Nippons, nous avons renoué avec nos amours mécaniques, relatées entre autres dans le HH Magazine.

 

Surtout, quel choc culturel à notre arrivée d’Indonésie ! Encore à l’aéroport de Jakarta nous tentions de monter sur le toit de l’avion-bémo, une aile de poulet frit dans la poche en guise de repas. L’arrivée à Tokyo, de nuit, scella notre bonheur futur. Une descente spectaculaire, dans une ville lumière tentaculaire. La tong en berne, nous comprîmes dès l’aéroport que nous ressemblions désormais à des hippies égarés, cliquetants de coquillages le long des bras. Et, partout autour de nous, des bombes über-stylées. Le besoin irrépressible de griller la carte de crédit jusqu’à la moëlle de la puce, au mépris de prochains mois de voyage, se fit tout de suite obsédant. Mais je découvris bien vite que, même sans shopping (ou presque), j’aurais largement l’occasion d’exploser le budget. Toutefois, bien loin de pleurer mes deniers, au Japon, tout, tout, tout vaut la peine !

 

La minute Lonely Planet : Aaaah, la nourriture !!!! Le repas terminé, le prochain se rêve déjà… La méduse croque sous la dent, et l’on trouve cela bon ! Aaaaah, le dodo !!!! Pour une nuit exceptionnelle, le riokan, avec kimonos et tatamis dans de craquantes maisons de vieux bois. Souvent munis d’un Onsen, bain typique où l’on se récure des pieds à la tête avant de plonger dans une eau bouillante! Aucun microbe ou saleté ne peut décemment résister à ce traitement. Aaaah tout le reste !!!!  En vrac, les backpackers capsules, les trains bullet, les expos délirantes (Yaoyi Kusama), les châteaux de bois, les jardins zen, les salles de jeu, les toilettes chauffante et massantes… Les photos parleront mieux que les mots (une galerie arrive tout soudain).

 

La minute Tom Tom : l’itinéraire incluait Tokyo – Morioka – Kamikochi (3 jours de randonnée) – Matsumoto – Kyoto – Osaka / Kobe.

 

DSC02240.jpg

Le Château de Matsumoto


Pour nous, deux points forts. Le premier : le trek dans les Alpes japonaises, autour de Kamikochi, lieu adulé des Japonais, avec pour fétiche un canard chauve, le kappa. Entre passages très aériens et sommets mythiques, nous avons escaladé le Yari Gatake, « Cervin japonais», survolé le Daiqiretto sans regarder vers le bas (un des passages les plus réputés au Japon pour sa difficulté – à très juste titre), passé devant la file pour les photos-souvenir au Hotaka Dake, 3e sommet du Japon, et pris de grandes décisions au sommet du Mae Hotaka Dake. Nous avons croisé de colorées « Mountain Girls » et autres trekkeurs à très forte valeur ajoutée (dans les 5000CHF des pieds à la tête). Notre équipement léger les interloquait (baskets, jeans, t-shirt, parapluie en guise de bâton) mais une fois notre nationalité dévoilée, nous sentions le respect dans leur regard. Les Suisses  pourraient dompter la montagne une tong à la patte. Nous nous sommes gardés de les détromper et nous avons bien fait les malins, sans gants ni jambières à protection UV, masques anti-poussière ou autres panneaux solaires accrochés au sac.

 

DSC02086.JPG

Une mise en bouche avant le Daiqiretto... 


DSC02002.JPG

L'équipement helvète...


DSC02174.jpg

... Versus le look nippon!


Deuxième point fort : la toute première fondue de notre voyage, à Kobe !! Le fromage hantait nos rêves depuis longtemps… Nous avions compris qu’il fallait lui tirer notre révérence dès la Mongolie, après avoir goûté au fromage local, rance et sans sel. A Kobe, ô merveille, nous avons enfin trouvé un chalet suisse, entièrement garni de meubles fribourgeois. La fondue, adaptée aux délicats intestins japonais, était beaucoup plus petite (genre demi-portion) et moins salée. Mais tout de même un délice, avec tous les bons fromages à l’intérieur, et un peu de gouda en prime. Et du kirsch sur la table.

 

DSC02523.JPG

 

Rassurez-vous, après cette soirée nostalgie pleine de bonheur, nous avons dégusté le lendemain le fameux bœuf, appelé de Kobe en Europe, et Wagyu au Japon. Nous n’avons pas très bien compris où l’animal poussait, vu l’absence de fermes dans la cité. La viande, tendre à souhait, faisait tout oublier.

 

En définitive, une fois que l’on a connu le Japon, la vie change. En regard, l’on commence à trouver la Suisse sale – et je ne parle pas que de Genève. Mais on ne le dit SURTOUT PAS aux Nippons, adorateurs d’Helvétie au point qu’ils consacrent leurs vacances (deux semaines tous les 10 ans pour les plus chanceux) à la visiter. Toujours par comparaison, l’on se dit que les Suisse-allemands seraient en réalité plutôt mal organisés et peu travailleurs (c’est un secret aussi mais ça nous fait bien rigoler de le savoir). Bref, le Japon est un pays qui nous challenge enfin, en tant que bon petit Suisse bien propre sur lui, une inspiration, un souffle merveilleux vers une vie de bonheur…

 

Tant de perfection peut-elle être stressante ? J’avoue que non. Le sublime se supporte à merveille, aucune limite dans ce domaine pour l’esprit humain.

 

Mais voilà que le moment venait de transpirer au Népal pour assimiler tant de splendeurs...

 

Sayonara!!

 

Yannick

 

DSC01756.JPG

  Tokyo, quartier de Shibuya

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Shakespeare 05/11/2012 10:36


C'est Louis qui se fait une mise en plis sous le casque ?


 


 

3643eur 08/11/2012 11:18



Exactly!! Une belle frisure de la moustache :-D