Jusurtè! (Tout va bien! / Tip-top!)

Publié le par 3643eur

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La terre qui a vu grandir et accueilli les premiers combats de Gengis Khan, le plus grand conquérant et homme de loi du dernier millénaire, déploie des paysages infinis et superbes devant les yeux de celui qui prend le temps de la parcourir. La Mongolie, sauvage et sans âge tant les modes de vie restent identiques à ceux des siècles précédents, est tout de même entrée de plein pied dans le 21e siècle. A Oulan-Bator la capitale, les énormes jeeps japonaises inondent les rues, les téléphones cellulaires crépitent partout, les hipsters locaux sont sur le point de tenir la dragée haute à ceux de Paris ou New-York. C’est que le pays regorge de matières premières, qui attirent avec un appétit féroce les sociétés d’exploitations minières de tous bords. En parallèle, et certainement dû à l’isolement géographique, les Mongols urbains – enfin de la capitale, 30% de la pop. totale y réside – font beaucoup d’efforts pour vivre à la même fréquence que les autres métropoles mondiales.

 

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Toutefois, la modernité et les enjeux d’aujourd’hui et de demain du pays s’évanouissement subitement dès que l’on quitte les rues infernales de la capitale. Alors le panorama s’étend toujours plus jusqu’à devenir une succession d’horizons aux courbes fluides ou dentelées avec leurs teintes, toutes en pastel à cause de la lumière diaphane et de la poussière parfois. L’immensité du pays s’impose. Des yourtes, petits camemberts d’un blanc étincelant, éclosent sans prévenir comme de petits champignons. Sans chauffeur, impossible de vous orienter dans l’entrelacs de plaines, de collines, montagnes, rivières, canyons. Le GPS, tout satellitaire qu’il soit, n’indique pas les pentes dangereuses, les passages infranchissables, les pistes interdites. Voici comment nous avons donc vécu 19 jours hors du temps et (presque) dans un autre monde.

 

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Nôtre pilote/chauffeur/cascadeur s’appelait Tsogo, bientôt 40 ans, fan de jeux vidéos sur son téléphone portable lors des pauses, et aussi de frisbee ! What a news ! Je n’ai jamais connu de surface aussi grande que dans les gobis mongols. A ce propos, gobi, en mongol, signifie un terrain caillouteux et désertique et le pays en compte une bonne trentaine. Le « désert de Gobi » n’est ainsi que l’un deux. Tsogo au volant, notre guide Khuu – prononcez Who comme en anglais, ce qui signifie « garçon » en mongol…. -s’occupait de la traduction, de cuisiner pour nous – elle a poussé son art jusqu’à faire des sushis dans un gobi – et de répondre aux centaines de questions. Avec nous voyageaient aussi Yan et Fanny, un fantastique couple de Français rencontrés dans notre guest house avec qui nous avons appris le « Mouchik », sorte de Yass mongol, et pêché deux bons gros poissons, entre autres.

 

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Toute richesse d’une famille mongole s’évalue à la taille de son troupeau et à la santé de ses bêtes. En effet, dans l’essentiel du pays, impossible de cultiver quoi que ce soit tant le climat est rude – on a passé notre première nuit sous tente, et sous la neige ! C’est donc la quantité de yacks, chèvres, chevaux, chameaux, etc. qui garantit la survie. D’ailleurs, la yourte répond parfaitement aux besoins de ces nomades puisqu’elle est facilement transportable – 250kg, 3h env. pour la démonter et la remonter. Ce mode de vie impose une convivialité et une générosité de tous les instants. Par exemple : on dort, cuisine, s’arrête chez quelqu’un quand on veut et on ne refuse pas l’hospitalité. Notre trajet alternait nuits sous tentes et nuit chez des familles, dans les yourtes, une source de revenu pour elles. Nous avons donc dormi « en famille », dans la fumée du foyer qui sert de cuisinière/chauffage et qu’on alimente de crottin, de bouse, etc. secs, de bois quand il y en a. Bétail oblige, le lait est l’un des trois aliments phares avec la farine et la viande de la cuisine mongole. D’ailleurs, la créativité des mongols en matière de cuisine force l’admiration. J’ai personnellement cuisiné des buuz – sortes de gros raviolis – avec à l’intérieur un hachis de graisse de bosse de chameau tout à fait délicieux.

 

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L’estomac calé – j’ai pourtant rétréci à la taille malgré ce régime solide -, nous sommes passés des dunes de sables – 250 mètres de hauteur pour la plus longue, 180km de long pour la « chaîne » de dunes – à la cascade sacrée de 24 mètres de la rivière Olkhon – un joyau -, en passant par la région d’altitude – 3500 mètres au plus haut – des 8 lacs, jusqu'au somptueux Lac blanc. Si le Louvre vaut le coup avec ses successions de toiles de maîtres, la Mongolie a le bénéficie de créer de vrais tableaux naturels. Si bien que chemin faisant, on attend ce que les prochains kilomètres réserveront comme spectacle. La Mongolie nous laisse donc avec une très très grosse envie d’y revenir. Bien sûr nous avons encore beaucoup de routes à parcourir devant nous. Tout de même, il est rare de se sentir aussi loin du monde et aussi concerné pas la nature dans laquelle on se trouve à l’instant. Depuis nous sommes arrivés en Chine avec une première étape dans la ville de Datong, capitale mondiale de la chaussette (1 paire sur trois sur terre est fabriquée ici) et surtout région comptant un temple suspendu à une falaise de plus de 1000 ans, des grottes avec 51'000 bouddhas sculptés à l’intérieur. La suite, asap.

 

Cheers, Bajarté !

 

Louis

 

PS: pour voir d'autres photos encore -> Page tumblr (cliquez sur le lien)

PS2: colonne de gauche "Pour les voyeurs" on a enfin pu charger plein de photos.

 

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