Yack & Yama en Mongolie

Publié le par 3643eur

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« Yak ! » « Yama ! » (yack et chèvre) – nous voilà rebaptisés par Dalpang, notre hôte mongol. Les coupables ? La forêt de poils sur nos bras et nos jambes (surtout ceux de Louis évidemment). Sans parler de sa barbe qui croît, croît, croît à vue d’œil ! Et que les nomades observent avec intérêt. Mes poils ont leur succès aussi, enfin leur heure de gloire ! Car les Mongols sont totalement dépourvus de pilosité, comme beaucoup d’asiatiques. Du lisse, rien que du lisse, un rêve d’esthéticienne occidentale! Les mâles les plus testostéronés arborent une moustache ou un bock, du plus bel effet.

 

Dans le registre du baptême, je voudrais également remercier mes parents pour mon prénom, qui m’assurerait ici une carrière dans l’audiovisuel. Yaaanniiiiiick… Mmmmmh… La signification en mongol ? « Faire des avances sexy… » Lors d’une soirée à Oulan-Bator, arrosée à la vodka, ce prénom breton a beaucoup fait rêver un militaire, spécialiste de karaté, lutte mongole et bardé de médailles pour les missions commando accomplies. A armes presque inégales, Louis l’a amadoué, grâce à son charisme légendaire !

 

Mais revenons à nos poils. Si les habitants en sont dépourvus, les animaux mongols s’en repaissent. (Mini-)chevaux, vaches, yacks, chameaux, chèvres, moutons… De quoi tisser feutres, cachemires et laines à profusion. Les savoir-faire locaux ont beaucoup pâti de l’épisode communiste, fini en 1992. Le parti centralisait la production de lainages, tout comme de viande. Ce qui a considérablement appauvri une partie de la population, dépendante de provisions étatisées.

Depuis, les Mongols exécutent à nouveaux les gestes ancestraux, telle la production de feutre, qui prend la forme d’une véritable fête. Les familles se réunissent, partagent yogourt et airag (lait de jument fermenté) avant de fouler la laine par couches successives (poil de printemps, d’automne, sous-poil, etc.). Puis des hommes montés à cheval tirent sur la plaine ces rouleaux. Le feutre devient ainsi compact et très résistant, apte à de nombreuses utilisations, par exemple pour former les murs des yourtes.

 

Culinairement parlant, le peuple mongol dépend beaucoup du monde des poils aussi. Car dans l’animal tout est bon. L’un des plats les plus savoureux, réservé aux invités, porte le doux nom de bouses. La maîtresse de maison garnit de viandes diverses (la graisse de bosse de chameau en fait partie) de grands raviolis. Elle rajoute de l’eau dans la farce, ce qui donne un jus délicieux, que l’on déguste en l’aspirant par un petit trou. Ces bouses sont cuites à la vapeur, sur le foyer central, d’ailleurs souvent alimenté par les bouses des animaux de la famille (ça ne s'invente pas). Le principe, parfaitement écologique, fonctionne à merveille. Pour le touriste, il peut toutefois être déroutant de se réveiller dans un nuage de fumée de bouse, aimablement allumé par la maîtresse de maison aux aurores. Ainsi, pour se rendre utile au sein d’une famille mongole, il est de bon ton de partir à la récolte de bouses séchées.

 

L’aventure en terres mongoles réserve des surprises aussi innombrables que belles. Le pays comporte peu de routes. Les déplacements, sur des pistes inventées par chaque chauffeur, prennent beaucoup de temps. Le transmongolien, via Oulan-Ude en Russie et Beijing en Chine reste l’unique voie ferrée.  Cette absence de connexion fait de la Mongolie un pays préservé à la nature splendide. Le pays se développe vite, entre tourisme et ressources minières de grande valeur. Nous avons quitté le pays avec un pincement au coeur et avec le souhait de retrouver ces magnifiques contrées encore préservées lors d’un prochain voyage.

 

Bayartè Mongolia!

 

p.s. Vous pouvez maintenant voir l'album photo dans la rubrique de gauche 'Pour les voyeurs' !

Vous pouvez aussi aller voir le Tumblr de Louis avec déjà quelques images: http://louisnardin.tumblr.com/

 

 

p.s.2 Et bien sûr on vous embrasse très fort! Même si ça pique tous ces poils!

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Commenter cet article

Shakespeare 19/06/2012 14:51


Yannick, c'est un article fait pile POIL pour moi car tu connaîs mon amour des bêtes poilus. Ceux-ci, j'aurais du mal à les caser sur mon mini-balcon...


Bises à vous deux, on attend la suite ! 

3643eur 02/07/2012 03:01



Coucou Sandra! tu serais au Paradis des animaux en Mongolie, en Chine... On a atterri à Bali, et mon premier repas... un "catfish"! ça ressemble plutôt à un petit requin qu'à un chat
heureusement...


J'espère que tout se passe bien à PARIS!


Bises!!