Transibérien – Slow motion

Publié le par 3643eur

 

 


 

 

 

 

La Russie a quelque chose de grisant avec son peuple chaleureux et enthousiaste, quoique résigné aussi. Notre train pérégrine calmement le long d’un paysage divisé par l’Oural. Jusqu’à cette frontière naturelle, la nature se cherche entre buissons, bosquets, entrelacs de routes boueuses traversant les villages, des bas-côtés jonchés de déchêts – on se croirait dans la périphérie napolitaine -, ou de litres d’huiles noires. Parfois des feux ont carbonisé quelques dizaines de mètres carrés. Il y a un goût de sale chaos auquel on se résigne. Passé l’Oural justement, l’Ouest s’est fait lointain et les plaines jaunes orangées défilent. La nature ne porte plus comme avant les stigmates d’une activité humaine paresseuse et destructrice.

 

Les collines enflent et rétrécissent au son du métronome que sont les roues sautant d’un rail à l’autre.

 

Le wagon est organisé comme ceux que l’on pouvait encore prendre pour aller à Rome. Des compartiments à quatre lits dont deux superposés. Mais un confort, même en seconde classe, digne d’une époque en Europe révolue. La Provodnista, hôtesse responsable du wagon, veille, surveille, organise, ferme les toilettes qui donnent directement sur la voie avant d’entrer dans les gares et vend sous le manteau des bières pour arrondir la paie. Pas de matelas plastifiés pour rendre la logistique facile et l’hygiène clinique mais des tapis rembourrés à dérouler sur les banquettes et qu’on recouvre de vrais draps. Idem avec un oreiller de plumes et un duvet synthétique. On dort dans un nid mobile, entre le ciel pâle et la terre parfois bosselée de forêts, ou trouée de nappes d’eau.

 

Notre véhicule de fer et d’acier interrompt sa course, le plus souvent dans une agglomération villageoise avec des gares systématiquement immaculées, et repeintes de couleurs vives. Certes, le traitement des déchets doit être développé mais la propreté et la qualité des lieux publics tout du moins semblent être un objet de fierté. Tant mieux pour nous, nomades vacanciers, qui nous rinçons l’œil de ces monuments soviétiques aux couleurs aussi fraîches que leur architecture est massive.

 

Louis

 

 

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Cam 14/05/2012 12:19


On a bien pensé à vous 2 dans l'interrégio belge entre Gand et Brussel...on pouvait bien profiter des paysages... besos

Flavio 13/05/2012 11:16


périphérie napolitaine ... ou périphérie marséillaise... les commentaires de
l'italien...